Bienvenue sur le site du Malade imaginaire

Bonjour à tous!

Bienvenue dans les coulisses de la pièce "Le Malade Imaginaire" mise en scène par Nicolas Briançon et jouée pour la première fois au Festival d'Anjou au mois de juin 2005, puis dans divers Festivals,cet été, dont ceux de Bonaguil,Ramatuelle,Sarlat ou encore Noirmoutier.

La reprise du Malade Imaginaire aura lieu à Paris, à partir du 13 septembre, au Théâtre 14.

Venez nombreux...

 

Dimanche 30 octobre 2005 7 30 /10 /Oct /2005 00:00

POUR un peu, Molière défunctant en scène à la quatrième repré­sentation de sa pièce, le 17 février 1673, res­susciterait en apprenant la bonne nouvelle. C'est confir: sa toute dernière oeuvre, la trentième, celle où il se moque de la méde­cine de son temps, de ses suffi­sances creuses, son verbiage pompeux, de son latin de cuisine et de lui-même au passage, avant de cracher son dernier soupir, était vraiment une comédie. Après tant de versions lacani­sées, ouf ! « Un cauchemar énorme, truculent et joyeux », comme dit Nicolas Briançon, à qui nous devons cette étourdis­sante mise en scène, allègre, bourrée d'idées et d'insolences. Comme de faire entrer Cléante (Thibaud Lacour), l'amoureux de la délicieuse Angélique (Alexandra Ansidei). costumé en chan­teur des rues napolitain émigré à Montmartre, la rengaine aux lèvres, et, pendant qu'on y est, l'une des plus populaires du ré­pertoire de Georges Van Parys. « Au coin de lu rue Saint-Vincent un poète et une inconnue s'aimèrent l'espace d'un instant) Mais il ne l'a jamais revue » ...

 

De représenter le notaire Bonnefoy (François Siener), le julot de Madame, avide de donner au malheureux égrotant un cours d'entourloupes destinées à dé­shériter les gosses au profit de la marâtre, en patibulaire méchant loubard digne du Parrain de Marlon Brando. Ou de muer ladite Béline (Maud Heywang), l'infâme à peine confondue, en espèce de danseuse du ventre défraîchie, pour claque des bas quartiers d'Istanbul. Ou encore d'intro­duire un quatuor d'hétaïres las­cives seules aptes à remonter le moral déglingué du bougon ca­cochyme : elles le font à point nommé pour préparer la fête fi­nale dans des odeurs de narghilé. Ces coups de jeune à la carte classique sont les bienvenus

 

parce que le menu demeure dans la grande tradition, que les idées sont vives et charnues et que la troupe déborde de vitalité. « Le malade » est un divertissement comme « Le bourgeois gentil­homme » où se mêlent musique et danse à la comédie : le voilà rafraîchi. Mais les soignants sont bien les medicine men d'origine, à peine des magiciens, des exor­cistes, des envoûteurs plutôt que des docteurs, toujours prêts à jeter l'anathème sur qui oserait douter de leur savoir pédan­tesque. De dangereux psycho­pathes, au fond, qu'il ne faut sur­tout pas prendre au sérieux. Des charlatans névrosés, Diafoirus père est atteint d'une inquiétante glossolalie qui le porte à lire sur les lèvres ce que prononce son in­terlocuteur et à le répéter in petto, pareil à un grotesque de cinéma muet. Thomas, son fils, avec sa banane à la Gaston La­gaffe, prend des airs de pantin foudroyé dans son ineptie primale. Purgon serait le serial killer du clystère si l'on ne pré­férait se gausser de ses rituels mécanistes : « Clysterium donare, deinde saignare, ensuitta purgare », entraînés que nous sommes par la vibrionnante, l'épatante, la toute savoureuse Toinette (Sophie Artur). « Il ne faut point vouloir mal de tout ce qu'il pourra vous faire : c'est de la meilleure foi du monde qu'il vous expédiera et il ne fera, en vous tuant, que ce qu'il a fait à sa femme et à ses enfants, et ce qu'en cas de besoin il ferait à lui-­même ». - De quoi faire mourir de rire assurément : ce que se garde bien de faire Argan, le superbe Yves Pignot, valétudinaire faus­sement poussif, irascible comme un vieux bébé, naïf toujours grugé et, pour finir, bonhomme désenchanté. C'est a son frère Béralde (Bernard Malaka) que l'in­justice immanente réserve le tré­pas, au plus endiablé de la fête enfiévrée. Trois paravents pour décor. Un beau fauteuil, une poi­gnée de chaises. Des costumes superbes dus à Michel Dussarat : qu'est-il besoin de plus pour se guérir de ses humeurs peccantes par la fraîcheur des mots ?

 

Bernard Thomas

 

Au théâtre 14 Jean-Marie Serreau, en attendant une tour­née.

 

Par alexandra ansidei - Publié dans : lemaladeimaginaire
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Jeudi 6 octobre 2005 4 06 /10 /Oct /2005 00:00

Il y a deux malades possibles en Argan: l'inquiétant, à l'angoisse contagieuse, intégriste de la purge; l'agaçant aux maux de poule mouillée, hypocondriaque puéril. Le premier est atteint à la vésicule biliaire; le second souffre du foie. Yves Pignot, sous la baguette enjouée de Nicolas Briançon, penche sans conteste du côté du second. Il compose un Argan bonhomme, ramené sans peine à la vraie vie. Briançon ne va pas au bout de toutes ses audaces, mais l'ensemble est délicieusement pétillant, à l'image d'Alexandra Ansidei, ravissante Angélique. C.B.

Théâtre 14, Paris (XIVe).

Par alexandra ansidei - Publié dans : lemaladeimaginaire
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Mercredi 5 octobre 2005 3 05 /10 /Oct /2005 00:00

Y'a pas à dire, c'est le poumon! Partant du principe qu'il vaut mieux prévenir que guérir, Argan prend bien garde à sa santé et n'est heureux que mal-portant. Argan est un bon bougre abusé par une femme qui n'attend que sa mort, escroqué par les médecins et apothicaires qui le plument comme un "pigeon", taquiné par sa servante qui enrage de le voir se faire rouler, sermonné par son frère qui aimerait lui faire entendre raison. Molière, sentant venir la fin, règle ses derniers comptes. Yves Pignot offre une fort belle interprétation d'Argan. C'est un bon vivant et du coup le discours de Béralde n'en raisonne que mieux. L'excellent comédien Bernard Malaka prête toute sa sensibilité à ce personnage qui n'est autre que le reflet de Molière. Il aime la vie malgré tout, malgré la maladie, la mort qui rôde. Pas de bon "malade" sans Toinette. Marie Vincent, qui joue en alternance avec Sophie Arthur, est éclatante dans un des plus beaux rôles de soubrette qu'il existe au théâtre. Maud Heywang est une Béline qui sait user de ses atouts charme. François Siener et Nicolas Biaud-Mauduit forment avec bonheur le duo des Diafoirus. La mise en scène de Nicolas Briançon est joyeuse et même très festive. Il a transposé l'action à la Belle Epoque, période légère, avant l'arrivée d'un monde plus dur. Sa proposition tient très bien la route et nous nous sommes régalés.

Marie-Céline Nivière

Par alexandra ansidei - Publié dans : lemaladeimaginaire
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Dimanche 2 octobre 2005 7 02 /10 /Oct /2005 00:00
Le malade imaginaire

Mise en scène de Nicolas Briançon. Avec Yves Pignot, Marie Vincent, Maud Heywang, Alexandra Ansidei...

Marie Audran

Il fallait oser ! L'un des grands classiques de Molière revisité par l'esprit de la comédie musicale avec ballets de danseuses égyptiennes fumant le narguilé et soubrettes du Moulin-Rouge levant haut la jambe. L'entreprise était risquée, pour ne pas dire totalement « casse-pipe », elle est, en tout cas, réussie et fort amusante. Le texte, si moderne, si drôle est mis en valeur par la surprenante mise en scène de Nicolas Briançon, aussi joyeuse que gonflée. Après un début légèrement poussif, le dialogue entre le souffrant et son épouse (hilarante Maud Heywang), en geisha avec porte-jarretelles, annonce la couleur : ce malade-là est délirant et Yves Pignot (parfait en mourant ébahi, toussotant et grognant) chantera lui aussi aux côtés de sa bonne Toinette (Marie Vincent fait un grand numéro dans la fameuse réplique « Le poumon ! »). Les charlatans de la médecine ne sont évidemment pas épargnés, de même que les concubines intéressées, les gendres coincés, les pères soucieux de leur vie pépère et oublieux de l'avenir de leurs enfants. A méditer après dégustation.

Jusqu'au 29 octobre. Théâtre 14. 01.45.45.49.77.
Par alexandra ansidei - Publié dans : lemaladeimaginaire
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Samedi 10 septembre 2005 6 10 /09 /Sep /2005 00:00

MADAME FIGARO SPECIAL MODE  NO 1098

Nicolas Briançon place l'action du " Malade imaginaire " à la Belle Epoque. De prime abord, une idée qui ne coule pas de source. Mais, à l'exception de quelques erreurs, comme ce costume de Toinette beaucoup trop sexy pour la fonction, on accepte le parti pris. Argan devient un bon bourgeois de Labiche, une sorte de M.Perrichon enfermé dans sa sottise et son égoîsme, mais si seul. Béralde est ce noceur désenchanté qu'un mal ronge, béline est cette femme avide d'argent qu'on désignera plus tard sous le nom de demi-mondaine, voire de cocotte. Et quand, au final, les danseuses font voler leurs jupons dans un french cancan anachronique, on ne s'étonne plus de rien. Les costumes de Michel Dussarat ajoutent une note de fantaisie à ce Molière mis en scène comme une fête. Yves Pignot joue toute l'humanité du personnage. Il est cet homme ridicule et touchant, enfermé dans son obsession, angoissé à l'idée d'être seul face à sa maladie. Marie Vincent campe une Toinette alerte bienvenue. On rit ave Nicolas Biaud-Mauduit, très inventif dans le rôle de Thomas Diafoirus, et on applaudit à la jeunesse et à l'élan d'Alexandra Ansidei. Ce "Malade" a de la santé.

"Le Malade Imaginaire", de Molière, Théâtre 14. Tél: 01.45.45.49.77

Du 13 septembre au 29 octobre

MARION THEBAUD

 

Par alexandra ansidei - Publié dans : lemaladeimaginaire
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